Publié le 26-02-2002
Rubrique : Histoire du son
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1915 :Naissance d'une Nation de Griffith : ce film d'une durée de 2h30 est entièrement musicalisé par une suite de morceaux qui alternent les emprunts à Verdi, Bach, Wagner ou encore Beethoven. C'est un véritable flux ininterrompu de musique.
Des feuilles de partitions donnent quelques idées de thèmes mais certains réalisateurs veulent une musique spécifique. Comme en 1916, pour l'Assassinat du Duc de Guise, premier "film d'art", une musique composée par Camille Saint Saëns, approximativement synchronisée.
En 1924, René Clerc crée Entr'acte, court métrage commandé pour s'intercaller dans l'entr'acte du ballet surréaliste Relâche. La musique d'Eric Satie doit faire fuire les spectateurs.
Mais, à l'époque, la salle ne résonne pas seulement que de musique. Le public étant majoritairement populaire, il ne sait bien souvent pas lire et le pianiste est chargé de lire à haute voix les textes des cartons. Il ajoute parfois, selon sa personnalité, des dialogues et bruitages imprévus. Un bonimenteur annonce le film, commente les dialogues et double les voix des hommes aussi bien que des femmes. Le cinéma n'a finalement jamais été aussi bruyant que lorsqu'il était muet.
On sait néanmoins enregistrer les sons sur des phonographes depuis 1877 (Edison). Le problème, c'est la synchronisation. De plus le son est de mauvaise qualité. Les disques sautent, se rayent très souvent. On n'a pas l'impression que les voix émanent des corps. Avec le phonographe, on n'a aucune possibilté d'amplification : tous les spectateurs ne peuvent pas saisir les dialogues. En 1910, on travaille donc à résoudre ces problèmes de puissance mais vers 1920, la maîtrise est satisfaisante, on arrive à une synchronisation possible.
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