Après un premier report du Conseil d'Administration extraordinaire le 31 mars dernier, la fusion entre la chaîne internationale France 24, RFI et la radio arabophone MCD au sein de l’AEF est approuvée.
RFI devrait quitter alors l'immeuble de Radio France pour rejoindre Issy-les-Moulineaux afin de fusionner avec la chaîne France 24. La prise à bail du nouvel immeuble a été approuvée par treize administrateurs contre un. Le déménagement devrait avoir lieu entre novembre 2011 et janvier 2012.
En croyant qu'elle va aboutir, cette réorganisation de l’audiovisuel extérieur doit se traduire par la fusion des différentes filiales et le regroupement des rédactions du groupe.
Le personnel est très méfiant avec cette nouvelle organisation, surtout les salariés de RFI. Selon une salarié de la radio, une fois RFI, France 24 et Monte-Carlo Doualiya fusionnées, «il y a la crainte que le budget de RFI passe sur France 24. Quand il y a eu ce genre de fusion en Europe, c’est toujours la radio qui a trinqué au bénéfice de la télé : on a l’impression qu’on est en train de dépecer RFI.»
Ce mouvement est assez rare et peut entrainer à un manque de spécialisation au sein des métiers de la télé et de la radio. Tout cela peut devenir très dangereux et peut vouloir dire que les licenciements au sein de l'AEF ne sont pas prêts de s'arrêter. La réduction du personnel peut amener un journaliste à faire un reportage pour France 24, en même temps qu'il prends le son pour transmettre le reportage sur une émission de RFI et qu'il fait un montage pour tout mettre en ligne sur le web. Il ne manque plus que passer le balai à la fin.
Les travailleurs craignent que cette fusion ne soit qu'une façon de cacher un deuxième plan social. Lors du premier plan social ils ont été 69 à devoir quitter la radio. Cette fois-ci l'écrémage aura lieu au sein de France 24 et de la radio arabophone et ils seront 126 salariés à partir.
La fusion a été décidé par les Administrateurs, sans que la voix de salariés soit entendue. Chez France 24 les opinions sont mitigées mais nous pouvons même trouver quelques mots de défense de la fusion. Par contre, les salariés de RFI « ont voté à 92 % contre, avant même la fin du CA», selon l’intersyndicale de RFI.
Par ailleurs, ce n'est pas étonnant que les employeurs de RFI ne se sentent pas motivés pour déménager au milieu du champ de bataille qu'est devenu France 24 depuis quelques mois, avec la guerre installée entre Alain de Pouzilhac (patron de l'AEF) et Christine Ockrent (directrice déléguée de l'Audiovisuel extérieur de France – AEF). Le conflit s’est encore amplifié après le scandale d’espionnage informatique impliquant une collaboratrice de Christine Ockrent.
Dans cette affaire qui avait débuté à l'automne, une proche collaboratrice de Christine Ockrent, Candice Marchal, est soupçonnée d'avoir consulté, sans autorisation, des données informatiques confidentielles dans le serveur de l'AEF. La police avait découvert dans son ordinateur 2,5 millions de fichiers provenant des ordinateurs de différents dirigeants du groupe.
Placée en garde à vue mi-décembre dans les locaux de la Brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information, elle avait nié avoir espionné quiconque, et "surtout pas" pour le compte de son ancienne supérieure. Christine Ockrent s'est défendue de toute implication.
L'AEF s'est constituée partie civile le 14 janvier afin « d'identifier les responsables et les mobiles de cet espionnage ».
Le 28 mars, Christine Ockrent a déposé une plainte contre X pour "harcèlement moral", visant sans le nommer Alain de Pouzilhac, "qui n'a cessé d'orchestrer" contre elle "une véritable politique d'ostracisme". La direction de l'AEF a immédiatement réagit, alléguant que Christine Ockrent "n'a jamais été l'objet d'aucune enquête privée que nous aurions diligentée, ni victime d'aucun harcèlement".
Le 31 mars 2011, une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Nanterre, après le dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile.
L’ouverture d’une information judiciaire est généralement décidée quand les juges considèrent qu’il y a suffisamment d’interrogations, voire d’éléments à charge pour instruire un dossier.
Dans le cas précis, elle vaut suspicion de piratage.
Selon la rédaction du magazine « Le Point », la BEFTI (brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information) a bien retrouvé les traces du piratage informatique dont les douze dirigeants de l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF) ont fait l'objet. Son rapport figure désormais dans le dossier de la juge d'instruction, Françoise Mery-Dujardin.
Récemment, l'enquête de police vient présenter Thibault de Robert comme principal responsable de cette affaire d'espionnage. Thibault de Robert était un "prestataire extérieur" à l'AEF en charge de la sécurité des réseaux informatiques. Parallèlement, il s'est révélé être un salarié du groupe Lagardère, employé à la direction des technologies depuis plusieurs années, et travaillant à l'AEF à l'insu de son employeur principal. Celui-ci se voit reprocher un accès et un maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données ainsi que la modification et la suppression de données dans un système d'information. La BEFTI retient également le détournement, l'utilisation et la divulgation de données à caractère personnel, ainsi que l'abus de confiance (s'agissant du matériel informatique de l'AEF et la contrefaçon. Non seulement Thibault de Robert a enfreint la règle en vigueur chez son employeur qui veut qu'un salarié doit signaler ses activités extérieures rémunérées, mais Lagardère découvre qu'il a utilisé "à des fins personnelles rémunérées les ressources de l'entreprise".
La suite de l'enquête de police vient prouver que Thibault de Robert a vraiment transmit les codes d'accès aux serveurs à Candice Marchal, l'une des collaboratrices les plus proches de Christine Ockrent. Celle-ci se voit reprocher deux délits en commun avec son complice présumé : l'accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données et le détournement, l'utilisation et la divulgation de données à caractère personnel. L'enquête établit que Candice Marchal avait accès aux courriels et aux SMS de la direction de l'AEF, car tout transitait par les serveurs.
Aucune des personnes entendues par la BEFTI (brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information) n'a mis en cause Christine Ockrent.
Le 03 mai 2011, les bureaux d'Audiovisuel extérieur de la France (AEF) et France 24 sont envahis par les Forces de l'Ordre et font l'objet d'une perquisition par la Brigade de répression de la Délinquance contre la Personne, après la plainte pour "harcèlement moral" déposée par Christine Ockrent.
Les syndicats dénoncent cette "descente de police musclée" au cours de laquelle le bureau du directeur de la rédaction a été mis sous scellé, et estiment qu'il s'agit d'une "provocation humiliante" orchestrée par "l'absente directrice déléguée de l'AEF", qui dernièrement a cessé de se rendre à son bureau.
En réponse à cette « humiliation », l'intersyndicale du groupe de médias a déposé un préavis de grève de 24 heures pour le jeudi 12 mai. "En retirant leur confiance à Christine Ockrent par un vote massif (85 %), les personnels de France 24 ont clairement condamné sa gestion et ses méthodes managériales", affirment les syndicats.
Selon l'intersyndicale (CFDT de France 24 et RFI, CGC de France 24 et MCD et CFTC de France 24), l'appel à la grève "permettra aux 1.500 salariés de l'AEF s'ils le désirent de déposer individuellement ou collectivement une plainte contre X pour harcèlement moral et professionnel". "Les salariés ont été très choqués par un tel déploiement de policiers lors de ces perquisitions", a déclaré à l'AFP Adel Gastel, représentant de la CFDT de France 24. D'autant plus que la rédaction de la chaîne était particulièrement occupée par la couverture abondante de l'actualité internationale.
Le même jour (le 12 mai), Christine Ockrent, la directrice déléguée de l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF), sera auditionnée par la mission d'information commune sur la mise en oeuvre de la réforme de l'AEF, selon la lettre d'information de l'Assemblée nationale.
A ce jour, et compte tenu des problèmes quotidiens des salariés du groupe, qui semblent avoir été oubliés au sein de cette guerre ouverte, la question qui se pose c'est: comment réussir à travailler efficacement dans un milieu si hostile?
Mots clés : France 24, AEF
Après un premier report du Conseil d'Administration extraordinaire le 31 mars dernier, la fusion entre la chaîne internationale France 24, RFI et la radio arabophone MCD au sein de l’AEF est approuvée.
RFI devrait quitter alors l'immeuble de Radio France pour rejoindre Issy-les-Moulineaux afin de fusionner avec la chaîne France 24. La prise à bail du nouvel immeuble a été approuvée par treize administrateurs contre un. Le déménagement devrait avoir lieu entre novembre 2011 et janvier 2012.
En croyant qu'elle va aboutir, cette réorganisation de l’audiovisuel extérieur doit se traduire par la fusion des différentes filiales et le regroupement des rédactions du groupe.
Le personnel est très méfiant avec cette nouvelle organisation, surtout les salariés de RFI. Selon une salarié de la radio, une fois RFI, France 24 et Monte-Carlo Doualiya fusionnées, «il y a la crainte que le budget de RFI passe sur France 24. Quand il y a eu ce genre de fusion en Europe, c’est toujours la radio qui a trinqué au bénéfice de la télé : on a l’impression qu’on est en train de dépecer RFI.»
Ce mouvement est assez rare et peut entrainer à un manque de spécialisation au sein des métiers de la télé et de la radio. Tout cela peut devenir très dangereux et peut vouloir dire que les licenciements au sein de l'AEF ne sont pas prêts de s'arrêter. La réduction du personnel peut amener un journaliste à faire un reportage pour France 24, en même temps qu'il prends le son pour transmettre le reportage sur une émission de RFI et qu'il fait un montage pour tout mettre en ligne sur le web. Il ne manque plus que passer le balai à la fin.
Les travailleurs craignent que cette fusion ne soit qu'une façon de cacher un deuxième plan social. Lors du premier plan social ils ont été 69 à devoir quitter la radio. Cette fois-ci l'écrémage aura lieu au sein de France 24 et de la radio arabophone et ils seront 126 salariés à partir.
La fusion a été décidé par les Administrateurs, sans que la voix de salariés soit entendue. Chez France 24 les opinions sont mitigées mais nous pouvons même trouver quelques mots de défense de la fusion. Par contre, les salariés de RFI « ont voté à 92 % contre, avant même la fin du CA», selon l’intersyndicale de RFI.
Par ailleurs, ce n'est pas étonnant que les employeurs de RFI ne se sentent pas motivés pour déménager au milieu du champ de bataille qu'est devenu France 24 depuis quelques mois, avec la guerre installée entre Alain de Pouzilhac (patron de l'AEF) et Christine Ockrent (directrice déléguée de l'Audiovisuel extérieur de France – AEF). Le conflit s’est encore amplifié après le scandale d’espionnage informatique impliquant une collaboratrice de Christine Ockrent.
Dans cette affaire qui avait débuté à l'automne, une proche collaboratrice de Christine Ockrent, Candice Marchal, est soupçonnée d'avoir consulté, sans autorisation, des données informatiques confidentielles dans le serveur de l'AEF. La police avait découvert dans son ordinateur 2,5 millions de fichiers provenant des ordinateurs de différents dirigeants du groupe. Placée en garde à vue mi-décembre dans les locaux de la Brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information, elle avait nié avoir espionné quiconque, et "surtout pas" pour le compte de son ancienne supérieure. Christine Ockrent s'est défendue de toute implication.
L'AEF s'est constituée partie civile le 14 janvier afin « d'identifier les responsables et les mobiles de cet espionnage ».
Le 28 mars, Christine Ockrent a déposé une plainte contre X pour "harcèlement moral", visant sans le nommer Alain de Pouzilhac, "qui n'a cessé d'orchestrer" contre elle "une véritable politique d'ostracisme". La direction de l'AEF a immédiatement réagit, alléguant que Christine Ockrent "n'a jamais été l'objet d'aucune enquête privée que nous aurions diligentée, ni victime d'aucun harcèlement".
Le 31 mars 2011, une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Nanterre, après le dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile. L’ouverture d’une information judiciaire est généralement décidée quand les juges considèrent qu’il y a suffisamment d’interrogations, voire d’éléments à charge pour instruire un dossier. Dans le cas précis, elle vaut suspicion de piratage.
Selon la rédaction du magazine « Le Point », la BEFTI (brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information) a bien retrouvé les traces du piratage informatique dont les douze dirigeants de l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF) ont fait l'objet. Son rapport figure désormais dans le dossier de la juge d'instruction, Françoise Mery-Dujardin.
Récemment, l'enquête de police vient présenter Thibault de Robert comme principal responsable de cette affaire d'espionnage. Thibault de Robert était un "prestataire extérieur" à l'AEF en charge de la sécurité des réseaux informatiques. Parallèlement, il s'est révélé être un salarié du groupe Lagardère, employé à la direction des technologies depuis plusieurs années, et travaillant à l'AEF à l'insu de son employeur principal. Celui-ci se voit reprocher un accès et un maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données ainsi que la modification et la suppression de données dans un système d'information. La BEFTI retient également le détournement, l'utilisation et la divulgation de données à caractère personnel, ainsi que l'abus de confiance (s'agissant du matériel informatique de l'AEF et la contrefaçon. Non seulement Thibault de Robert a enfreint la règle en vigueur chez son employeur qui veut qu'un salarié doit signaler ses activités extérieures rémunérées, mais Lagardère découvre qu'il a utilisé "à des fins personnelles rémunérées les ressources de l'entreprise".
La suite de l'enquête de police vient prouver que Thibault de Robert a vraiment transmit les codes d'accès aux serveurs à Candice Marchal, l'une des collaboratrices les plus proches de Christine Ockrent. Celle-ci se voit reprocher deux délits en commun avec son complice présumé : l'accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données et le détournement, l'utilisation et la divulgation de données à caractère personnel. L'enquête établit que Candice Marchal avait accès aux courriels et aux SMS de la direction de l'AEF, car tout transitait par les serveurs.
Aucune des personnes entendues par la BEFTI (brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information) n'a mis en cause Christine Ockrent.
Le 03 mai 2011, les bureaux d'Audiovisuel extérieur de la France (AEF) et France 24 sont envahis par les Forces de l'Ordre et font l'objet d'une perquisition par la Brigade de répression de la Délinquance contre la Personne, après la plainte pour "harcèlement moral" déposée par Christine Ockrent.
Les syndicats dénoncent cette "descente de police musclée" au cours de laquelle le bureau du directeur de la rédaction a été mis sous scellé, et estiment qu'il s'agit d'une "provocation humiliante" orchestrée par "l'absente directrice déléguée de l'AEF", qui dernièrement a cessé de se rendre à son bureau.
En réponse à cette « humiliation », l'intersyndicale du groupe de médias a déposé un préavis de grève de 24 heures pour le jeudi 12 mai. "En retirant leur confiance à Christine Ockrent par un vote massif (85 %), les personnels de France 24 ont clairement condamné sa gestion et ses méthodes managériales", affirment les syndicats.
Selon l'intersyndicale (CFDT de France 24 et RFI, CGC de France 24 et MCD et CFTC de France 24), l'appel à la grève "permettra aux 1.500 salariés de l'AEF s'ils le désirent de déposer individuellement ou collectivement une plainte contre X pour harcèlement moral et professionnel". "Les salariés ont été très choqués par un tel déploiement de policiers lors de ces perquisitions", a déclaré à l'AFP Adel Gastel, représentant de la CFDT de France 24. D'autant plus que la rédaction de la chaîne était particulièrement occupée par la couverture abondante de l'actualité internationale.
Le même jour (le 12 mai), Christine Ockrent, la directrice déléguée de l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF), sera auditionnée par la mission d'information commune sur la mise en oeuvre de la réforme de l'AEF, selon la lettre d'information de l'Assemblée nationale.
A ce jour, et compte tenu des problèmes quotidiens des salariés du groupe, qui semblent avoir été oubliés au sein de cette guerre ouverte, la question qui se pose c'est: comment réussir à travailler efficacement dans un milieu si hostile?
Mots clés : France 24, AEF
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La Rédaction
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