> Gilles Jacquier: la Perte d'un Combattant de l'Information

    Publié le 12-01-2012 à 13h28

    Par Luciana Ferreira

    Gilles Jacquier: la Perte d'un Combattant de l'Information En image
    Rubrique : Actu télé
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    Le Journaliste et Grand Reporter de France 2, Gilles Jacquier, a été tué mercredi, 11 janvier, lors d'un reportage en Syrie. Le voyage, autorisé par le Gouvernement, était destiné au magazine « Envoyé Spécial ». Il a été le premier journaliste occidental tué en Syrie depuis le début de la révolution en mars 2011. Gilles Jacquier est tombé sous les yeux de ses collègues et de sa femme, Caroline Poiron, photographe, aussi présente sur les lieux.

    Le journaliste de 43 ans avait un admirable parcours professionnel et était très respecté dans son milieu. Il a notamment couvert les plus grands conflits internationaux des 10 dernières années, dont l'Irak, l'Afghanistan, le Kosovo, Israël, etc. En 2003, Gilles Jacquier a obtenu, avec Bertrand Coq, le prix Albert-Londres, pour un reportage réalisé pendant la deuxième Intifada.

    Les messages de solidarité ainsi que les expressions d'admiration envers le journaliste et toute sa famille sont très nombreux. Thierry Thuiller, Directeur de l'Information de France Télévisions, a déclaré que « Gilles était un des meilleurs de France 2, un homme hors norme. On est tous sous le choc. Il va beaucoup, beaucoup nous manquer ». Il souligne encore « qu'il était à Homs avec Christophe Kenck, JRI, avec des visas délivrés par les autorités syriennes. Ils n'étaient pas des clandestins. J'espère qu'on saura vraiment ce qui s'est passé ».

    Vidéo: Thierry Thuiller regrette la mort de Gilles Jacquier  
     

    Puisque le voyage en Syrie avait été autorisé et encadré par le Gouvernement Syrien, cette attaque, qui d'après la télé syrienne a fait huit morts et 25 blessés, crée des soupçons d'une possible offensive délibérée à l'encontre des journalistes.

    Jacques Duplessy, un des journalistes présent lors des évènements, n'hésite pas à parler de « manipulation ». Dans une interview sur Europe 1, il témoigne des circonstances qui ont mené au drame: « Nous étions à Homs dans le cadre d’un voyage autorisé par le gouvernement syrien, on nous avait promis une liberté de mouvement totale. Ensuite, on nous a emmenés dans un quartier normalement sécurisé, c’était très, très encadré ».

    Le journaliste dénonce un « piège »: « Je pense qu’on a été grandement manipulé »... Selon lui, « ce n’est pas du tout le fait du hasard, parce qu’après ces quatre obus, il n’y a eu plus rien, c’était terminé : pas d’attaque, pas de tir ».

    Il souligne encore le fait étonnant que, juste après les évènements, les médias syriens sont tous arrivés sur place, avec plusieurs caméras: « On peut se demander si ce n’est pas vraiment un piège, si ce n’est pas délibéré d’avoir attaqué des journalistes »...

    Un autre journaliste présent sur les lieux, le franco-libanais Mohammed Ballout, quitravaille pour la BBC, a également témoigné: «J'étais dans un groupe avec des reporters de CNN, CBS et de l'AFP. Gilles Jacquier se trouvait, lui, avec Sœur Marie Agnès, l'organisatrice de son séjour en Syrie, en compagnie de son cameraman, de deux journalistes suisses, cinq Belges, deux Libanais et un Syrien. Ensemble, nous avons commencé par faire le tour de quelques hôpitaux dans les quartiers qui sont toujours sous le contrôle de l'armée. Vers 15 heures, mon groupe a quitté le secteur alaouite de Zahira. Quelques instants plus tard, devant l'hôpital de Zahira, un attroupement de militants pro-Assad s'est formé. Ils ont commencé à scander des slogans favorables au régime. Soudain une roquette RPG a frappé la foule. Huit activistes pro-Bachar ont été tués sur le coup, il y a eu des blessés également. Les journalistes du groupe de Jacquier sont accourus pour voir ce qui se passait.» Juste après, d'autres roquettes ont été tirées, une desquelles a tué le journaliste français.

    Le Gouvernement syrien a réagit, en accusant les rebelles opposés au régime, de cette offensive.

    Le Ministère des Affaires étrangères, par le biais d'un communiqué, a «condamné vigoureusement cet acte odieux» et a demandé qu’une «enquête soit menée afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame ». Il souligne encore « qu'il appartient aux autorités syriennes d’assurer la sécurité des journalistes internationaux sur leur territoire et de protéger cette liberté fondamentale qu’est la liberté d’information ».

    Nicolas Sarkozy a fait part de ses « sentiments émus » et il a fait remarquer « l'importance d'avoir des hommes courageux pour dire la vérité de ce qui se passe dans les pays en conflit »...

    Toute l'équipe de ingenieurduson.com se solidarise avec la famille et les amis de Gilles Jacquier. Nous souhaitons aussi, que l'avenir de ces pays en conflit, puisse garantir aux journalistes, ainsi qu'à toute la population, la liberté de s'exprimer et de diffuser l'information sans peur, dans un environnement favorable et sécurisé pour tous...

    Vidéo: BFM  

     


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