> La Révolution Anti-Acta qui vient de l'Est

    Publié le 08-02-2012 à 15h21

    Par Luciana Ferreira

    La Révolution Anti-Acta qui vient de l'Est
    Crédit Photo: ©Pierre-Selim

    Rubrique : Actu Média
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    Après la ratification de l'ACTA par 22 pays de l'Union Européenne, nombreuses sont les voix qui se lèvent pour dénoncer les vices et les dangers de cet Accord. La première manifestation « Anti-Acta » a été la démission du propre Rapporteur Principal de l'ACTA au Parlement Européen. Ensuite, la Pologne s'est rétractée, et maintenant c'est au tour de la République Tchèque et d'autres pays de l'Est de remettre le Traité en cause...

    Le plus surprenant c'est que ce sont les habitants des pays de l'Est qui s'insurgent de manière ferme et irrévocable contre ce Traité aux lignes tordues, qui vise à imposer des grands changements dans le quotidien de tous les citoyens concernés, alors que nous, les « défenseurs » des libertés, restons étrangement submergés dans l'inertie de qui a tout acquis.

    L'ACTA a été négocié dans la plus grande obscurité sous le prétexte qu'elle ne changera pas les législations des pays signataires et sous un faux nom: « Accord Commercial Anti-Contrefaçon ».

    Or, selon l'ex-rapporteur au Parlement Européen: « l'accord ACTA pose problème! Qu'il s'agisse de son impact sur les libertés civiles, des responsabilités qu'il fait peser sur les fournisseurs d'accès à internet, des conséquences sur la fabrication de médicaments génériques ou du peu de protection qu'il offre à nos indications géographiques »...

    Peut-être que nous sommes trop habitués à être libres. Peut-être que ces pays issus de décennies de communisme et de totalitarisme sont désormais plus réactifs aux dangers voilés que nous... Mais le fait est qu'eux, ils ont pressenti le danger et ont obligé leur Gouvernement à prendre en compte l'opinion publique, à arrêter de dissimuler leurs lois douteuses comme si la société civile n'était pas plus qu'un troupeau de moutons, sans cerveau.

    Les Polonais sont descendus dans les rues pour manifester leur mécontentement, des pirates ont attaqué plusieurs sites des entités « responsables » de cette ratification et même des députés du Mouvement Palikot ont siégé au Parlement cachés par un masque des Anonymous. La population a donc décidé d'unir ses forces de façon à envoyer un message clair de réjection de l'accord.

    Le Premier Ministre, Donald Tusk, a donc déclaré à la presse qu'il « considère que les arguments pour l'arrêt de la ratification sont justifiés et que la signature de l'accord ACTA n'a pas fait l'objet de consultations suffisantes auprès de toutes les parties de ce processus ».

    Il a encore précisé que « le processus de ratification d'ACTA sera gelé tant que nous n'aurons pas dissipé tous les doutes. Cela demandera probablement le passage en revue de la législation polonaise. On ne peut pas non plus exclure qu'en fin de compte l'accord ne sera pas approuvé »...

    Cette semaine, après des manifestations populaires dans les principales villes de la République Tchèque, le Premier Ministre, Petr Nečas, a également décidé de « geler » la ratification de l'ACTA et de mettre en place une analyse juridique plus profonde, de façon à comprendre l'impact réel de cet accord sur la législation national et sur le quotidien de ses concitoyens.

    Selon lui, malgré la ratification effectuée au Japon, « en aucun cas, le gouvernement acceptera une situation dans laquelle les libertés civiques et le libre accès à l'information seraient menacés ». Le Premier Ministre précise encore que« nous devrons vraiment observer l'impact que ce Traité aurait dans la vie réelle ».

    En Roumanie, le ministre de l'économie, Adriean Videanu, a déclaré que le Traité ne sera pas ratifié par le Parlement National sans qu'une consultation publique soit effectuée. Un porte-parole du Gouvernement a précisé que « si les consultations avec la société civile et si les débats au sein du parlement roumain concluent que l'accord ne doit pas être ratifié, alors cela n'arrivera pas »...

    La Slovaquie, un des pays qui n'a pas ratifié l'ACTA au Japon, soutient qu'un long débat public est nécessaire avant la mise en place de cet accord. Le Ministre de l'Economie, Juraj Miškov, souligne que « l'accord ACTA et son application comportent un grand nombre d'imprécisions ». « Je ne soutiendrai pas un traité qui limite les droits et les libertés de chacun », a-t-il précisé.

    En France les autorités sont étonnement silencieuses... Souhaiteraient-elles ne pas alerter l'opinion publique sur cette problématique? Aussi bien les membres du Gouvernements que les Candidats à la Présidentielle, ils ne semblent pas considérer l'engagement de la France comme digne d'être communiqué aux citoyens. Et pourtant, ces nouvelles règles peuvent transformer chaque utilisateur du web en pirate potentiel. Pire encore, le Traité responsabilise les fournisseurs d'accès internet des éventuels échanges illégaux. Cela obligerait donc les FAI à exercer un filtrage minutieux de tout ce qui se passe sur la Toile, ce serait de la pure et simple censure!

    En outre, la définition de produit contrefait établie par l'ACTA vient interdire la commercialisation de tout médicament générique. Ce Traité protège nullement les intérêts des citoyens et il subit à toutes les pressions des lobbies industriels.

    Les voix qui se lèvent contre l'adoption définitive de l'ACTA sont de plus en plus nombreuses. Une pétition en ligne à destination du Parlement Européen a été lancée, et elle compte déjà plus de 1.856.000 signatures.

    En France, des manifestations sont prévues le 11 février 2012...

     


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