Dans une séance plénière du 14 février, le CSA vient de réexaminer « les temps de parole des candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle et de leurs soutiens, relevés dans les programmes des chaînes de radio et de télévision entre le 1er janvier et le 10 février 2012 ».
Début février, le CSA avait critiqué certaines chaînes qui auraient tendance à la « concentration des temps de parole sur deux candidats. De ce fait, certains autres candidats n’ont pas disposé d’un temps de parole suffisant au regard des critères de l’équité ».
Cette fois-ci, le CSA a constaté que « les observations formulées lors du premier examen du Conseil le 31 janvier ont été prises en compte par les chaînes, ce qui atténue la concentration des temps de parole constatée précédemment sur deux candidats ».
Toutefois, le fait de devoir analyser tous les rapports politiques des personnalités, de calculer le temps de parole de tous les invités, etc, est devenu un casse-tête insoutenable pour les chaînes. Est-ce que le système de l'équité du temps de parole est vraiment un moyen de donner la parole à tous les candidats, ou servira-t-il seulement à créer des barrières aux chaînes, les obligeant à changer et à adapter constamment leurs grilles de programmation?
La semaine dernière, 9 chaînes de télévision et radio (RTL, France Inter, France Bleu, France Info, France Culture, Europe 1, RMC, BFM Business et BFM TV) ont décidé de faire un appel commun au CSA en vue d'un possible assouplissement des règles de stricte égalité du temps de parole des candidats à l'élection présidentielle. Celui-ci n'a eu aucun effet.
D'après eux, « dans la pratique, l'égalité arithmétique, à la minute près, est quasiment impossible de respecter au quotidien »...
Une autre voix qui s'est levée pour dénoncer ce système du temps de parole, est celle d'Arlette Chabot, directrice de l'information d'Europe 1. Dans une interview au magazine « Le Point », elle regrette cette obligation d'égalité du temps de parole en période électorale: « À partir du 6 avril, on passera à l'égalité stricte dans les mêmes créneaux horaires. Ça devient impossible à gérer tant il y a de candidats. Donc, pour éviter la faute, on restreint la politique. Plus on approchera de l'élection, moins on fera de politique ».
La journaliste admet alors que les chaînes sont arrivées à une solution complètement contraire à l'objectif de la loi. En effet, les règles qui obligent à une égalité stricte entre tous les candidats sont tellement rigides que la solution adoptée, pour ne pas tomber dans l'erreur, est de retirer la parole à tous les politiciens. Donc, à la place de connaître les idées directement de la bouche des candidats, nous aurons des soupçons, des analyses, des estimations réalisées par des personnes « non politisées » comme des sociologues, des philosophes, etc.
Arlette Chabot admet clairement la procédure adopté par Europe 1: « Compte tenu de la complexité des règles des temps de parole, j'ai demandé à tous ceux qui animent des émissions d'information de ne plus inviter le personnel politique, qui déclenche les chronomètres ». Encore d'après la Directrice de l'information, « ces règles sont obsolètes (…) et antidémocratiques » !
Interrogée par France Info, Christine Kelly, en charge de la question du temps de parole au CSA, a souligné que cette problématique de l'égalité du temps de parole avait déjà existé lors de l'élection présidentielle de 2007. Elle affirme que le CSA a alors décidé de proposer au Conseil Constitutionnel « un petit ajustement : une période d’équité, à ce moment-là. Donc nous avons été défendre cette liberté de communication des chaînes et des radios auprès du Conseil Constitutionnel, et c’est vrai qu’on n’a pas été entendus. »
Entre les candidats plus ou moins disponibles, leurs représentants et sympathisants, ceux qui se veulent discrets et ceux qui ont l'intention d'apparaître partout, les chaînes de télé et de radio ont de quoi bien s'amuser pendant les 5 semaines de la période électorale. Une « période infernale », selon Arlette Chabot. Malheureusement, elle risque de ne pas être loin de la vérité...
Mais qui osera finalement moderniser la loi?
Mots clés : CSA, Christine Kelly, Temps de parole, Présidentielle 2012
Dans une séance plénière du 14 février, le CSA vient de réexaminer « les temps de parole des candidats déclarés ou présumés à l’élection présidentielle et de leurs soutiens, relevés dans les programmes des chaînes de radio et de télévision entre le 1er janvier et le 10 février 2012 ».
Début février, le CSA avait critiqué certaines chaînes qui auraient tendance à la « concentration des temps de parole sur deux candidats. De ce fait, certains autres candidats n’ont pas disposé d’un temps de parole suffisant au regard des critères de l’équité ».
Cette fois-ci, le CSA a constaté que « les observations formulées lors du premier examen du Conseil le 31 janvier ont été prises en compte par les chaînes, ce qui atténue la concentration des temps de parole constatée précédemment sur deux candidats ».
Toutefois, le fait de devoir analyser tous les rapports politiques des personnalités, de calculer le temps de parole de tous les invités, etc, est devenu un casse-tête insoutenable pour les chaînes. Est-ce que le système de l'équité du temps de parole est vraiment un moyen de donner la parole à tous les candidats, ou servira-t-il seulement à créer des barrières aux chaînes, les obligeant à changer et à adapter constamment leurs grilles de programmation?
La semaine dernière, 9 chaînes de télévision et radio (RTL, France Inter, France Bleu, France Info, France Culture, Europe 1, RMC, BFM Business et BFM TV) ont décidé de faire un appel commun au CSA en vue d'un possible assouplissement des règles de stricte égalité du temps de parole des candidats à l'élection présidentielle. Celui-ci n'a eu aucun effet.
D'après eux, « dans la pratique, l'égalité arithmétique, à la minute près, est quasiment impossible de respecter au quotidien »...
Une autre voix qui s'est levée pour dénoncer ce système du temps de parole, est celle d'Arlette Chabot, directrice de l'information d'Europe 1. Dans une interview au magazine « Le Point », elle regrette cette obligation d'égalité du temps de parole en période électorale: « À partir du 6 avril, on passera à l'égalité stricte dans les mêmes créneaux horaires. Ça devient impossible à gérer tant il y a de candidats. Donc, pour éviter la faute, on restreint la politique. Plus on approchera de l'élection, moins on fera de politique ».
La journaliste admet alors que les chaînes sont arrivées à une solution complètement contraire à l'objectif de la loi. En effet, les règles qui obligent à une égalité stricte entre tous les candidats sont tellement rigides que la solution adoptée, pour ne pas tomber dans l'erreur, est de retirer la parole à tous les politiciens. Donc, à la place de connaître les idées directement de la bouche des candidats, nous aurons des soupçons, des analyses, des estimations réalisées par des personnes « non politisées » comme des sociologues, des philosophes, etc.
Arlette Chabot admet clairement la procédure adopté par Europe 1: « Compte tenu de la complexité des règles des temps de parole, j'ai demandé à tous ceux qui animent des émissions d'information de ne plus inviter le personnel politique, qui déclenche les chronomètres ». Encore d'après la Directrice de l'information, « ces règles sont obsolètes (…) et antidémocratiques » !
Interrogée par France Info, Christine Kelly, en charge de la question du temps de parole au CSA, a souligné que cette problématique de l'égalité du temps de parole avait déjà existé lors de l'élection présidentielle de 2007. Elle affirme que le CSA a alors décidé de proposer au Conseil Constitutionnel « un petit ajustement : une période d’équité, à ce moment-là. Donc nous avons été défendre cette liberté de communication des chaînes et des radios auprès du Conseil Constitutionnel, et c’est vrai qu’on n’a pas été entendus. »
Entre les candidats plus ou moins disponibles, leurs représentants et sympathisants, ceux qui se veulent discrets et ceux qui ont l'intention d'apparaître partout, les chaînes de télé et de radio ont de quoi bien s'amuser pendant les 5 semaines de la période électorale. Une « période infernale », selon Arlette Chabot. Malheureusement, elle risque de ne pas être loin de la vérité...
Mais qui osera finalement moderniser la loi?
Mots clés : CSA, Christine Kelly, Temps de parole, Présidentielle 2012
Par
Luciana Ferreira
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