> Fusion RFI-France 24 arrêtée: Quelles conséquences?

    Publié le 25-05-2012 à 14h38

    Par Luciana Ferreira

    Fusion RFI-France 24 arrêtée: Quelles conséquences?
    Rubrique : Actu Radio
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    Le gouvernement de Nicolas Sarkozy, en concordance avec Alain de Pouzilhac, le patron de l'AEF, avait décidé de fusionner RFI et France 24. Après des années de conflits, de procédures judiciaires, de grèves et de pétitions, François Hollande a maintenant décidé de soutenir les salariés et de se prononcer contre l'association des deux institutions. Toutefois, sera-t-il encore possible de revenir en arrière? Et à quel prix?

    L'opération de fusion a commencé en 2008 et depuis, elle a subit de nombreux rebondissements, entre l'opposition des salariés, les questions juridiques et budgétaires et les fréquentes guerres de pouvoir au niveau de la Direction de l'AEF.

    Interviewé par le journal « le Figaro », Alain de Pouzilhac avait défendu que cette fusion n'était pas « politique mais stratégique ». D'après lui, celle là serait la seule façon de garantir la compétitivité de l'AEF à l'extérieur, face à des chaînes telles BBC, AL-Jazeera ou encore CNN.

    Par ailleurs, les salariés de RFI se sont toujours opposés à cette fusion. Ils craignent une uniformisation inadaptée des métiers de la radio et de la télé, suivie d'une perte d'identité, voire de l'extinction de la radio. Les membres des syndicats soulignaient encore que «les journalistes qui font de la radio vont aussi faire de la TV. Nous n'aurons plus le temps de faire notre travail correctement».

    Malgré la ferme opposition des syndicats des salariés, la justice a confirmé la légalité de la procédure à des nombreuses reprises.

    Toutefois, l'arrivée de François Hollande au pouvoir a fait renaître le débat. En tant que candidat à l'élection présidentielle, le socialiste s'était présenté formellement contre cette fusion, argumentant que cette reforme avait été menée à « marche forcée » par la Direction de l'AEF et qu'elle ne serait pas justifiée.

    Questionné par les Sociétés des Journalistes, François Hollande a qualifié de « mariage sans concertation » la fusion de ces deux entités dont « les pratiques professionnelles comme l'organisation technique sont totalement différentes, et dont les missions et les zones d'influence ne se recouvrent que partiellement ».

    Cette semaine, la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, sur les micros de France Inter, a plaidé qu'il serait « plutôt logique qu'on arrête cette procédure qui a conduit à faire de la radio sur la télévision ou de la télévision sur la radio »

    Questionnée sur la problématique du déménagement déjà en cours et sur les conséquences d'un tel renversement procédural, la députée de Moselle a argumenté que « la question ce n'est pas tant le déménagement mais c'est surtout de savoir ce que l'on veut faire de RFI et de  France 24 et, en général de l'audiovisuel extérieur, a déclaré la  Ministre de la Culture. Nous prendrons les mesures nécessaires pour  que RFI puisse retrouver sa mission en Afrique avec une large audience ». Selon la ministre, « le déménagement de RFI n'est pas inéluctable ».

    Dans d'autres circonstances, Aurélie Filippetti avait déjà défendu que « l'autonomie de RFI était essentielle, et qu'elle devrait être sauvegardée du fait de la force de cette radio sur le marché africain ».

    Toutefois, la question qui se pose est de savoir à quel coût se fera ce renversement de position politique voire, stratégique?

    L'Audiovisuel Extérieur de la France est déjà réputé pour ses « dérapages » financiers et son gaspillage public à peine dissimulé. Mais après tout l'argent dépensé dans l'organisation de cette fusion, la reforme des nouveaux locaux à Issy-les-Moulineaux, ainsi que dans la réduction des effectifs, sera-t-il légitime de re-dépenser autant pour embaucher de nouveaux journalistes et de mettre en place une nouvelle stratégie internationale?

    Fin 2011 les chiffres étaient déjà accablants. D'après les syndicats, le déménagement à Issy-les-Moulineaux représentait un énorme trou financier: 41,3 millions euros pour « le premier plan de départ de 206 salariés à RFI », « le prochain plan social de 126 salariés (...) coûterait encore 27,5 millions ».« Le déménagement à Issy-les-Moulineaux s’élèverait à 24,5 millions, mais la somme devrait être dépassée selon le rapport de l’IGF ».

    Et maintenant, combien coutera-t-il de revenir en arrière?


    Mots clés : RFI, France 24, AEF, Fusion, Alain de Pouzilhac, Aurélie Filippetti, François Hollande, Nicolas Sarkozy

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