> L'AEF dans le collimateur de la Cour des Comptes

    Publié le 18-02-2013 à 11h11

    Par Luciana Ferreira

    L'AEF dans le collimateur de la Cour des Comptes
    Rubrique : Actu Média
    0 Commentaire(s)
    Réagissez !

    Dans un rapport publié la semaine dernière, la Cour des Comptes a démontré tout son mécontentement vis-à-vis de la gestion budgétaire de l'AEF. Les sages dénoncent même « une grave dérive financière », qui aurait couté à l'État 100 millions d'euros de crédits supplémentaires entre 2009 et 2011.

    Dans ce nouveau rapport, la Cour déplore que malgré les recommandations émises en 2009 et qui « avaient vocation à constituer une feuille de route pour l’AEF (Audiovisuel Extérieur de la France), aucune d’elles n’ait été véritablement mise en œuvre ». Le résultat, c'est que l'institution a « connu une évolution chaotique et une grave dérive financière ».

    En outre, la Cour estime que le « pilotage » de l'institution « ne peut se faire dans une approche où la stratégie découle de la seule gestion des coûts ». « La création de l’AEF a pour vocation d'assurer le rayonnement de la France et de la francophonie et de véhiculer les valeurs démocratiques au niveau mondial ». Or, en 2012, l'AEF a été la seule institution audiovisuelle qui a vu sa dotation baisser, ce qui met éminemment en danger la qualité des programmes et la pérennité du Groupe.

    D'ailleurs, un des graves problèmes dénoncé par la Cour des Comptes, c'est la mise en place des plans de départs volontaires au sein de RFI en 2009 et 2012. Cette démarche a impliqué le départ à l'aveugle de 300 personnes qui ne correspondaient pas forcément aux postes « vides ». Ces suppressions de postes ont entrainé une désorganisation complète des rédactions, qui se sont retrouvées sans l'effectif nécessaire pour assurer les émissions. Par la suite, la Direction a dû embaucher de pigistes (payés très cher), de façon à combler ce manque de personnel qualifié.

    La Cour estime ainsi que « l'entreprise est responsable d'une telle situation. À aucun moment, elle n'a été capable de présenter des plans d'affaires fiables et réalistes ni d'assurer la montée en puissance de ses ressources publicitaires. Pour autant, les autorités de tutelle ont aussi été défaillantes. Elles auraient dû exiger de la part de l'entreprise publique une anticipation correcte de son évolution financière »...

    Encore selon les magistrats « la politique menée jusqu'à présent, avec des calendriers mal maîtrisés, consistant à piloter les activités et le développement de l'AEF par une approche purement budgétaire visant à réduire les coûts, a atteint ses limites ».

    Marie-Christine Saragosse, la nouvelle directrice de l'AEF, se défend en alléguant que lors de son arrivée à l'AEF, le 8 octobre dernier, elle avait retrouvé une « société en état de choc, totalement désorganisée : deux plans de départs volontaires non ciblés portant sur 22% des effectifs, accompagnés d’une fusion brutale et insuffisamment préparée et d’un déménagement mal accepté »...

    En outre, Mme Saragosse estime que « le rapport de la Cour est parfois juste, mais il n'y a pas eu du tout de dérive financière, ni d'entreprise qui croule sous le fric... »

    Dorénavant, la nouvelle Direction de l'AEF devra réussir à mettre en place une véritable gestion budgétaire, tout en redonnant à l'Audiovisuel Extérieur de la France et « aux médias qui la composent » la possibilité « d’assurer la pérennisation et le développement de leur activité en réaffirmant l’importance de leurs missions fondamentales dans un cadre social et humain stabilisé ».

    Mission impossible?


    Mots clés : AEF, Cour des Comptes, Marie Christine Saragosse, RFI

    Par Luciana Ferreira Réagissez ! 0 Commentaire(s)

    ON EN PARLE AUSSI ICI :

    Partager cette news :

 


    Soyez le premier à donner votre avis !